Robotisation ? De plus en plus d'entreprises redécouvrent la valeur de la main d'oeuvre humaine

02/04/2018 05:51

© EPA

Dans les usines, de très nombreux ouvriers ont maintenant été remplacés par des robots, ce qui a permis d’améliorer la productivité, la sécurité, et d’accélérer les cadences de travail. Mais une nouvelle tendance a commencé à émerger : certains constructeurs automobiles et d’autres industriels ont commencé à remplacer des robots par… des humains. En effet, ces derniers sont plus flexibles.

Or, les consommateurs sont de plus en plus habitués (et demandeurs) à disposer d’une gamme de choix plus vaste. Cela est particulièrement vrai dans le secteur du luxe. En conséquence, les entreprises doivent faire preuve d’une plus grande flexibilité, une qualité absente chez les robots. La capacité humaine à penser de façon critique et à modifier son comportement en fonction des circonstances est particulièrement utile lorsqu’il s’agit de s’adapter à une grande variété de caractéristiques produit. Pour faire court, contrairement aux robots, les humains peuvent personnaliser un article. La capacité des robots à répéter à l’infini des tâches identiques, qui a mené à leur généralisation, pose problème lorsqu’il faut personnaliser un produit.

Mercedes-Benz : "assurer son avenir en employant plus de gens"

De grandes entreprises industrielles telles que Mercedes Benz l’ont bien compris. Désormais, elles ont commencé à remplacer les robots par des opérateurs humains. La berline Mercedes Class-S est proposée avec toute une gamme d'options qui permettent de la personnaliser et les robots n’ont pas la flexibilité et la dextérité nécessaires pour s'y adapter.

C’est pourquoi Mercedes a inversé la tendance actuelle vers plus de robotisation, en faisant revenir des hommes sur les chaînes de montage. « Les robots ne peuvent pas gérer le degré d’individualisation et les nombreuses variations que nous avons aujourd’hui. Nous économisons de l’argent et assurons notre avenir en employant plus de gens », déclarait récemment Markus Schaefer, directeur de production du constructeur automobile allemand dans Bloomberg.

Avec une équipe de travailleurs qualifiés, Mercedes peut changer une ligne de production en un weekend au lieu des semaines nécessaires pour reprogrammer les robots et changer les modèles d’assemblage.

Des entreprises plus productives

De façon remarquable, les entreprises qui ont le plus investi dans l’automatisation sont désormais les plus susceptibles de figurer parmi les moins productives, loin derrière celles qui ont adopté une stratégie plus équilibrée entre la main-d’œuvre humaine et les robots. En général, ces dernières ont davantage réduit leurs coûts de production et amélioré leur efficacité.

Le cas de Mercedes n’est pas un cas isolé, et d’autres constructeurs (dont Toyota) et entreprises reviennent à la main-d’œuvre humaine. Très souvent, elles le font en la combinant avec de nouveaux robots, plus petits, et de nouvelles technologies, comme la réalité augmentée, pour optimiser les qualités de ces dernières, et des humains. Dans ce contexte, la réalité augmentée, qui apporte un guidage interactif et adaptatif sur les tâches à effectuer, est très prometteuse. Des firmes comme Boeing et Coca-Cola l’ont déjà adopté.

Il est probable que dans les années à venir, les firmes seront de plus en plus nombreuses à reconnaître la valeur de la flexibilité humaine. Mais il ne faut pas se leurrer : elles n’abandonneront pas les robots pour autant.