STOPCOVID UNE SURVEILLANCE NUMÉRIQUE INVASIVE MENAÇANT NOS LIBERTÉS ?

12/04/2020 15:47

Le premier ministre Edouard Philippe s’est déclaré favorable à un traçage numérique des Français pour lutter contre le Covid-19 en utilisant une application pour Smartphone. Le gouvernement a lancé le projet StopCovid afin de développer cette application de traçage.

Afin de tenter de lutter contre le Covid-19 certains États, dont la Chine ou la Corée du sud, ont choisi d’utiliser ces nouvelles technologies pour surveiller plus étroitement leur population.

En France, l’idée même d’utiliser les données numériques personnelles à des fins de politique publique prospère dans certains milieux. 

Il s’agirait en effet d’utiliser les données issues du Web (conversations, échanges sur les réseaux sociaux, consultation de tel ou tel site Internet), de la géolocalisation des portables ou des cartes bancaires, puis surement de la reconnaissance faciale afin de suivre et d’observer les comportements et la vie personnelle de chacun (déplacements, confinement, présence en un lieu ou une manifestation, fréquentations, opinions, etc.).

Tout ceci afin d’avoir une application directe, notamment, sur la distribution d’amendes, de sanctions, et l’élaboration de traitements différenciés.

Les GAFA et les Etats ont déjà les infrastructures nécessaires pour collecter nos données personnelles, les stocker et les traiter, que cela soit pour adresser de la publicité ciblée, pour empêcher des actes de terrorisme et des trafics, pour repérer la fraude fiscale.

L’utilisation des données est en passe de devenir un outil généralisé des politiques publiques mais, il y a un risque d’amplification sous le prétexte de la situation d’urgence de l’épidémie.

Mais faut-il sous prétexte de la crise actuelle s’assoir sur notre liberté et autoriser des lois liberticides mêmes si elles fussent temporaires. Nous savons pertinemment que le temporaire perdure au-delà des dates fixées et entre dans la norme du fait de l’oubli mais par tous.

L’information sur les bonnes pratiques, de confinement d’une partie de la population, la disponibilité des protections individuelles (masque et gel hydroalcoolique), un recours systématique aux tests, la prise en charge par les hôpitaux, la recherche médicale, etc. demeurent les seules vraies priorités.

Le contrôle social, via le traitement des données personnelles, reste un leurre incertain et dangereux. Car il n’existe pas d’algorithme neutre et en plus il y a toujours un risque de piratage et de détournement le risque zéro n’existe pas.

Il faut sortir des croyances selon lesquelles, grâce à l’Internet et à des logiciels, tous les aspects de notre vie pourraient être améliorés, contrôlés et la plupart des problèmes résolus.

Cette idéologie générale, dite de « solutionnisme technologique », donne le pouvoir à des experts, à des spécialistes et à des logiciels sur mesure faisant fi des libertés individuelles, de la vie privée. Elle constitue désormais une menace permanente sur notre démocratie et notre Liberté comme le prédisait George Orwell dans 1984. 

Il faut donc s’opposer à l’utilisation d’algorithmes opaques (c’est-à-dire sans contrôle) de gestion des données personnelles par quelque gouvernement soit il ou tout sous-traitant privé ou étatique.

La tentation des gouvernements d’entrer dans une ère de systèmes généralisés de surveillance numérique invasive est bien réelle. Ces dispositifs de contrôle social et sociétal propres aux régimes totalitaires (comme la Chine) restent inacceptables pour le respect de la Liberté même si on invoque un « bon motif » et des procédures contrôlées.

Avec le projet gouvernemental StopCovid, on attaque directement à la liberté des Français même s’il est annoncé, qu’avant d’être pisté, il faudra être volontaire et il faudra marquer formellement cette volonté.

Citation : « Notre liberté se bâtit sur ce qu’autrui ignore de nos existences » Alexandre Soljenitsyne romancier et dissident russe, prix Nobel de littérature en 1970 (1918 - 2008).

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