Syrie : le PAM obligé de réduire ses opérations à cause du manque d'argent

18/09/2014 20:21

De l'huile de cuisson dans un centre du PAM en Syrie. Photo PAM/Dina Elkassab 

Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a prévenu jeudi qu'il manquait de financement pour continuer à apporter de la nourriture aux près de 6 millions de Syriens qui  bénéficient de son assistance vitale.

En Syrie, la taille des rations alimentaire du mois prochain va diminuer, et dans les pays voisins, le nombre de réfugiés recevant de la nourriture ou des bons alimentaires sera réduit.

« Nous avons atteint un point critique dans notre réponse humanitaire en Syrie et dans les pays voisins, et à moins de recevoir des financements importants dans les prochains jours, je crains que nous n'aurons pas d'autre choix que de réduire nos opérations », a déclaré Muhannad Hadi, coordonnateur d'urgence régional du PAM pour la crise syrienne.

Le PAM est entièrement financé par les contributions des gouvernements, du secteur privé, d'autres organisations et des particuliers. Muhannad Hadi a reconnu que d'autres situations d'urgence nécessitaient l'aide des donateurs et que les budgets d'aide étaient serrés.

Mais il a ajouté qu'en Syrie les besoins étaient encore élevés, et que la communauté internationale avait fait des progrès au cours des dernières semaines pour avoir accès à de nombreuses personnes dans des zones difficiles à atteindre.

« Le monde entier a fait preuve d'une grande générosité pour fournir une assistance alimentaire au cours des trois dernières années, et il est triste de penser que nous ne pouvons plus compter sur cet investissement qui avait redonné une certaine stabilité aux vies brisées de tant de personnes », a-t-il ajouté.

Le PAM a besoin de 352 millions de dollars pour la totalité de ses opérations jusqu'à la fin de l'année, dont 95 millions de dollars pour ses activités à l'intérieur de la Syrie et 257 millions de dollars pour aider les réfugiés dans les pays voisins.

En Syrie, à partir d'octobre, le PAM continuera de fournir de la nourriture à plus de 4 millions de personnes, mais les rations de nourriture seront plus petites.

Elles fourniront moins de 60% de la valeur nutritive recommandée dans les situations d'urgence en octobre et seront encore davantage réduites en novembre. Pour le mois de décembre, le PAM n'a pas de fonds disponible pour les programmes en Syrie.

En Turquie, le programme de coupons électroniques mensuels du PAM qui vise à fournir une assistance alimentaire à 220.000 réfugiés syriens vivant dans des camps n'est financé qu'à hauteur de 12%. Jusqu'à 170.000 personnes pourraient être privées d'assistance en octobre.

En Jordanie, la valeur de l'assistance mensuelle pour 440.000 réfugiés vivant dans des villes et des villages sera réduite de 34 dollars à 16 dollars, mais l'assistance dans les camps de réfugiés sera maintenue.

Au Liban, à partir d'octobre, la valeur des coupons électroniques mensuels sera réduite de 30 dollars à 20 dollars par personne. Les colis alimentaires habituellement distribués aux nouveaux arrivants ainsi que les coupons alimentaires pour les réfugiés palestiniens seront supprimés.

En Égypte, à partir d'octobre, seuls les plus vulnérables recevront une assistance, le nombre de bénéficiaires sera réduit de plus de moitié, passant de 100.000 à 43.000 personnes. La valeur des bons alimentaires sera réduite de 30 dollars à 15 dollars par mois.

En Iraq, à partir d'octobre, la valeur des bons alimentaires pour les 70.000 réfugiés du camp de Domiz sera réduite de 31 dollars à 25 dollars, tandis que l'aide alimentaire pour les 33.000 personnes qui en bénéficient sera maintenue. Le programme de repas scolaire pour environ 12.000 enfants a déjà été suspendu.

D'après des données sur la sécurité alimentaire en Jordanie, 85% des familles de réfugiés n'ont pas les ressources financières nécessaires pour subvenir à leur besoin alimentaire sans aide.

Le PAM redoute que sans soutien, les personnes deviennent victimes d'exploitation et soient obligées de mendier, d'envoyer leurs enfants travailler ou de marier leurs filles tôt.