Un boycott des produits israéliens serait surtout préjudiciable aux Palestiniens

15/11/2015 06:38

Depuis mercredi, la Commission européenne a demandé aux 28 États membres de l'Union européenne d'indiquer clairement désormais l'origine des produits fabriqués dans les territoires occupés d'Israël.

Pour les produits tels que les fruits et légumes, il s'agit d'une obligation, mais pour les autres, la demande est volontaire.

Israël considère la mesure comme discriminatoire, mais selon la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, il s'agit d'une simple mesure technique "destinée à informer les consommateurs européens", et elle ne relève d'aucun agenda politique particulier.

Cependant, le journal allemand Tagesspiegel critique cette décision:

"Les avertissements visant à déconseiller les relations d'affaires avec des Juifs ont une certaine connotation sur le plan historique, au moins en Allemagne, ce qui n'aura pas échappé à Malmström, et explique pourquoi son équipe souligne que la mesure ne consiste pas en un boycott déguisé à l'encontre de l'Etat juif.

Au lieu de cela, elle affirme que les nouvelles règles d'étiquetage relèvent de la simple mise en application de règles européennes visant à protéger les consommateurs, et qui existent depuis des années.

Mais la raison pour laquelle l'UE n'applique cette réglementation de protection des consommateurs que contre Israël reste un mystère.

Après tout, elle aurait aussi pu protéger le consommateur européen  contre d'autres nations à travers le monde. (...)

Sous couvert de protection des consommateurs, Bruxelles impose de façon véhémente un agenda politique qui est au mieux critiquable, et au pire, hypocrite."

Dans Elsevier Magazine, Robbert de Witt parvient à une conclusion similaire:

"Il est très étrange qu'Israël soit le seul pays contraint de préciser cette indication. Apparemment, il n'est pas nécessaire d'informer le consommateur à propos des produits d'autres territoires contestés tels que le Tibet, le Sahara occidental, ou plus près de chez nous, le Pays basque ou Gibraltar".

Sur Slate, Jacques Benillouche affirme qu'Israël a échoué à rappeler à l'Occident que les entreprises implantées sur les territoires occupés emploient près de 20.000 Palestiniens, et que ce sont surtout les Palestiniens qui pourraient être les plus affectés par cette mesure, qui pourrait induire les consommateurs européens à boycotter les produits israéliens:

Sachant qu'avec un salaire israélien, un Palestinien fait vivre quatre familles, le boycott des produits des implantions peut mettre en danger les revenus de près 100.000 familles arabes. Cette information ne peut laisser de marbre les décisionnaires d'un éventuel boycott".