VIDEO MUSICALE DE LA SEMAINE THE STRANGLERS GOLDEN BROWN

14/06/2020 09:08

Golden Brown est une chanson du groupe de rock britannique The Stranglers, sortie en single en 1982 sur le label Liberty, filiale de EMI.

Il s'agit du deuxième extrait de l'album La Folie. Les paroles sont écrites par le guitariste Hugh Cornwell et la musique composée principalement par le claviériste Dave Greenfield.

Ode à l'héroïne et aux femmes, ses arrangements acoustiques et son rythme de valse en font un titre intemporel. Il a la particularité, rare dans les années 1980, d'être interprété principalement au clavecin.

À l'époque de sa sortie, Golden Brown se classe n°2 dans les charts britanniques et représente toujours, pour le groupe, le titre qui a rencontré le plus grand succès mondial.

C'est également le disque de la résurrection après une période difficile sur le plan artistique (aucun de leurs six 45 tours précédents n'est rentré dans le top 20), financier (ils sont sortis ruinés de l'enregistrement du précédent album) et personnel (prison, mort de proches).

Pendant longtemps, les Stranglers ont été réticents à expliquer de quoi parlait la chanson. Hugh Cornwell va jusqu'à dire que c'est un test de Rorschach auditif, chaque auditeur pouvant y entendre ce qu'il désire. JJ Burnel rompt le secret une première fois auprès de journalistes, en février 1982 mais la peur que le scandale empêche le succès du titre incite les autres à le faire taire.

Cela correspond aussi à une volonté du groupe qui n'a jamais fait l'apologie de la drogue. Jusqu'en 2001, on les entendra fournir plusieurs explications toutes plus fantaisistes les unes que les autres : la chanson parlerait de la mauvaise habitude qu'ils ont de faire trop griller leurs toasts, du trou dans la couche d'ozone, de la spécialité culinaire que les Britanniques appellent Marmite, etc.

L'auteur des paroles finira par s'expliquer dans Song by Song, le livre qu'il a écrit pour expliquer l'œuvre des Stranglers première période : « Golden Brown marche sur deux niveaux. C'est sur l'héroïne et aussi sur une fille.

Elle était d'origine méditerranéenne et sa peau était marron doré. Ainsi la chanson parlait de la manière dont ma petite amie et l'héroïne me procuraient des moments de plaisir. ».

Les paroles très métaphoriques entretiennent en effet l'ambiguïté mais, comme le souligne le quotidien belge Le Soir, dans le rock, toute chanson comportant le mot brown a de fortes chances de parler d'héroïne.

Un certain nombre de vers peuvent être interprétés dans ce sens : Lays me down with my mind she runs (Me repose et court dans mon esprit) ou Through the ages she's heading west (À travers les âges elle prend la direction de l'ouest33) tandis que d'autres font allusion à la relation amoureuse du chanteur : On her ship tied to the mast (Sur son vaisseau attaché au mât).

D'une manière générale, La Folie est un concept album sur les différentes formes d'amour : l'amour familial, l'amour des idoles, l'amour de Dieu... mais comme le fait remarquer le biographe des Stranglers, David Buckley, Golden Brown est la seule chanson de l'album qui parle de l'amour en des termes positifs. « C'est une chanson très romantique, dira son auteur : les femmes et l'héroïne représentent l'évasion ultime. »

Pour évoquer ce sentiment d'évasion, les Stranglers choisissent de filmer le clip qui accompagne cette chanson dans un musée londonien dont une pièce est décorée à la mode orientale.

Le clip les montre incarnant tour à tour des musiciens de salon interprétant un air pour Radio Cairo et des archéologues penchés sur des cartes et des photos de l'Égypte. Pour évoquer l'intemporalité de la chanson, ils sont habillés à la mode des années 1930.

Entremêlés avec ces images du groupe, des images d'Egypte (felouque, pyramides) et d'Iran (mosquée du Shah) entretiennent le mystère. Qu'est-ce que cette couleur marron doré ?

C'est aussi « la couleur du sphinx, celle du désert, des pyramides, du coucher du soleil » selon le magazine Juke-Box qui a choisi la vidéo, en 2005, pour incarner cet âge d'or qu'ont connu les clips dans les années 1980. Révélant un « goût pour le détournement, voire la mystification », Juke Box juge qu'on pourrait croire à « une rêverie sur Isis, la déesse-mère ».

Dirigé par Lindsey Clennell, qui a réalisé le précédent clip du groupe (Who Wants the World ? en 1980), il reflète « la sérénité et la beauté de la chanson » tout en laissant une place à cet humour pince-sans-rire qui est une des marques de fabrique du groupe : attitude d'automate de Jet Black et air détaché de Hugh Cornwell dans les séquences sur les musiciens ou images d'Anglais terrassés par la chaleur dans celles sur les archéologues.

Notes et références

Twomey 1992, chap. 11 : Golden brown, texture like sun

en particulier Second Coming qui se trouve sur le 5e album, The Gospel According to the Meninblack comme le révèle Hugh Cornwell dans : Cornwell et Drury 2001, chap. The Gospel According to the Meninblack § Second Coming

Cornwell et Drury 2001, chap. La Folie § Golden Brown